A travers différents exercices et explorations, il s’agit de découvrir et expérimenter des pratiques de création en collectif dans le domaine visuel et musical.
Le but est d’ouvrir les étudiant.e.s à une démarche interdisciplinaire et de considérer la création comme un levier à la posture d’auteur – autrice chez l’apprenant.e.s.
« Les chemins de la création performative. Transformer des lieux inattendus en œuvre d’art. « » Je crée, j’expose et je performe, j’organise un événement artistique «
« Nous pensons que vivre des moments intenses et propices à faire émerger des créations innovantes sont les ingrédients de l’école du XXIe siècle tout en intégrant chaque individu dans un projet artistique. »
Cette section vous donne des exemples ainsi que des ressources théoriques pour réaliser votre propre projet et pour planifier une activité de création.
Jeu de cartes destiné à jouer dans un espace donné.
Cette activité propose une exploration urbaine dont le but est de modifier la perception d’un environnement vécu en collectif et qui souvent empêche une concentration sur un espace vécu.
Sortir de la bulle des individus en marche dans la ville peut se faire par le jeu, le rallye comme méthode. L’exemple ci-dessous propose un jeu de carte pour explorer par des contraintes créatives ou perceptuelles l’espace de la plateforme 10 à Lausanne. Il s’agit d’un pôle muséal récent comprenant 3 institutions muséales: musée des Beaux-Arts, musée de la photographie et musée du Design.

PROCESSUS DE CREATION, QUELQUES REPERES:
Mots clés :
Matériau/éléments de base : son – rythme – mélodie –harmonie – ligne – trait – point – surface – objet – image – …
Structure formelle et organisationnelle (composition) : agencement des éléments – répétition – série – hasard – simultanéité – forme ouverte/fermée – miroir – symétrie – nuance – tension – détente ; oeuvre – action.
Transdisciplinarité : musique visuelle – musique visualisée – pâte sonore – espace sonore/visuel – temps visualisé – musique spatialisée – image sonorisée – temps visuel – mouvement – installation sonore – sculpture sonore.
Spectateur : actif – passif – impressions sensorielles (visuelles, tactiles, acoustiques, olfactives, kinesthésiques,…), illusions optiques/acoustiques – relation espace/temps.

Organisation du projet final : en direct – enregistrement – statique – en déplacement – participants – matériel – lieu – espace – temps
Références : œuvres d’un artiste – courant artistique – pensée esthétique/philosophique
Actions plastiques et musicales[1] :
Associer – dissocier
Juxtaposer – superposer
Soustraire – additionner
Diviser – multiplier
Diminuer – augmenter
Organiser – désorganiser
Ralentir – accélérer
Saturer /densifier – diluer/raréfier
Régler – dérégler
Décomposer – synthétiser
Répéter/imiter – varier
….
Techniques pour stimuler la production d’idées [2] :
Brainstorming (Osborn)
Synectique de Gordon : la combinaison d’éléments hétérogènes par association d’idées

[1]Ces actions permettent de structurer votre matériau visuel et sonore. Voir aussi les opérations plastiques RITA (reproduire, isoler, transformer, associer) de Lagoutte (2009) et SMOG (support – médium- outil- geste) de Louis (1990)
Créativité vs création : apports théoriques
Dans les ouvrages consultés, nous constatons l’emploi parfois équivoque des termes création et créativité. Or, ces deux notions nécessitent à nos yeux une différenciation. Rappelons que la notion de création s’inscrit dans le champ plus vaste de la créativité musicale. À l’instar de Giacco (2017, 2018), nous plaidons en faveur d’une didactique de la création qui s’intéresse précisément aux modalités à mettre en œuvre en classe pour développer la capacité de créer des élèves. Clarifions d’abord la différence entre créativité et création. Selon des recherches en psychologie cognitive (Sternberg & Lubart, 1998), la créativité peut être définie en tant que « capacité à réaliser une production qui est à la fois nouvelle et adaptée au contexte dans lequel elle se manifeste » (Lubart, Mouchiroud, Tordjman & Zenasni, 2003, p. 10). Elle se fonde donc sur l’intégration de deux tendances antagonistes, à savoir l’originalité des idées et leur adaptation à des contraintes d’un milieu spécifiques. De ce fait, une production est jugée originale par rapport à un contexte précis. Ainsi, les productions d’élèves sont évaluées dans le giron d’une classe ou d’une école (Kaufmann, Beghetto & Dilley, 2016). Afin de favoriser le développement de cette capacité auprès de leurs élèves, les enseignants sont amenés à mettre en place des conditions appropriées, notamment par le type de tâches[1]proposées et par la qualité du feedback donné aux élèves (Burnard & Murphy, 2013 ; Jeffrey & Craft, 2004). L’approche multivariée de la créativité (Lubart et al., 2003, p. 13) identifie des facteurs cognitifs, conatifs[2], émotionnels et environnementaux qui contribuent à développer le potentiel créatif d’une personne. Dans cette perspective, le processus même de création s’intègre dans un ensemble de facteurs psychologiques et environnementaux. À notre avis, ces recherches montrent avant tout comment le potentiel créatif des élèves peut être stimulé, sans mettre le focus sur le processus même de réalisation. Si la créativité est « le pouvoir de création » (Sacchi, 2016, p. 24), l’action de créer permet de rendre ce potentiel opérationnel à travers des tâches adéquates qui favorisent la réalisation d’une production originale. Par conséquent, nous faisons la différence entre les adjectifs « créatif » (qui se rapporte à la capacité de créer) et « créateur/créatrice » (qui désigne la mise en œuvre de ce potentiel)[3].
[1] Le mot « tâche » désigne ici une action précise à exécuter, demandée par l’enseignant (Pastré, 2011).
[2] Dans ce contexte, le terme se rapporte à la capacité d’une personne à fournir des efforts, à prendre des risques. Pour aller plus loin, voir les travaux du laboratoire LATI : http://recherche.parisdescartes.fr/LATI.
[3] Ce texte est extrait de S. Chatelain (2019). Transcréer pour comprendre. Interactions entre la musique et les arts visuels pour développer l’écoute de la musique du XXe siècle. Thèse de doctorat, Université de Lausanne (pp. 20-31).